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[eLION 6/6] La mise en service, du prototype à la production

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Dans le dernier podcast de la série e-lion, Philippe Durand, Responsable Applications/produits Hydraulique mobile chez BOSCH REXROTH, présente la mise en service eLION Commissioning, une étape cruciale allant du prototype à la production en série.

Il y explique l’importance de cette phase d’accompagnement pour optimiser et valider les prototypes, garantissant ainsi la sécurité et la performance des machines électrifiées avant leur production. Un podcast destiné à tous ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances sur les solutions d’électrification pour engins mobiles.

Cet épisode conclut la série en se penchant sur des aspects pratiques comme l’optimisation des paramètres, l’analyse des données via le cloud et le support expert offert par Bosch Rexroth.

Animatrice : Bonjour à tous et bienvenue dans un nouvel épisode de notre podcast. Cet épisode est le deuxième bonus de notre série consacrée à l’électrification des engins mobiles. Je retrouve Philippe Durand, Responsable Applications/produits Hydraulique mobile chez BOSCH REXROTH, qui va nous parler ici de la mise en service des solutions d’électrification pour les engins mobiles proposées par Bosch Rexroth France.

Philippe Durand : Bonjour à tous.

Animatrice : Pouvons-nous récapituler brièvement les étapes d’avant ? Quand on parle de mise en service, que s’est-il passé juste avant ?

Philippe Durand : Notre équipe commerciale a vendu nos produits moteurs inverters et autres au client. Et le client a réalisé toute la conception du système. Maintenant nous avons un prototype entièrement monté, et le client souhaite un support de la part de Rexroth. C’est là que nous intervenons. Nous nous rendons chez le client pour le démarrage et la mise en service de la machine.

Animatrice : Très bien

Philippe Durand : Nous commençons par la mise à jour du firmware de notre inverter et configurons nos paramètres de base. En concertation avec le client, nous définissons certaines limites dans l’inverter, notamment au niveau de notre bus DC. Par exemple, comme nous avons une batterie dans le système nous fixons des limites supérieures et inférieures par mesure de sécurité. Pour la première mise en service, nous fixons également des limitations de vitesse afin que, en cas d’erreur, notre système ne fonctionne pas à grande vitesse. Nous commençons donc avec des vitesses réduites, que nous augmentons progressivement par la suite.

Animatrice : Nous parlons bien de prototypes, n’est-ce pas ?

Philippe Durand : Nous parlons de prototypes, tout à fait.

Animatrice : Et le client teste ces prototypes ensuite ? Il vous fait un retour ?

Philippe Durand : Oui, c’est exact. Nous commençons par notre paramétrage et notre optimisation. Après cela, le client effectue ses propres tests. Il nous fait un retour d’expérience, par exemple, si nos réglages de contrôleur sont corrects ou s’il a besoin

Animatrice : Vous avez mentionné l’optimisation. En quoi ça consiste exactement ?

Philippe Durand : Dans notre système, nous disposons d’un contrôle de couple ou d’un contrôle de vitesse. Et dans nos contrôleurs, nous avons toujours des paramètres de réglage qui peuvent ou doivent être ajustés. Ces réglages dépendent des usages auxquels la machine sera destinée.

Animatrice : Pouvez-vous nous donner un exemple ?

Philippe Durand : Par exemple, si vous avez un chariot élévateur et que vous devez soulever des charges lourdes, il peut être nécessaire de régler les paramètres de contrôle de la vitesse car, par exemple, le contrôleur de vitesse que nous utilisons normalement pour un système est habituellement pour une chaîne de traction et non pour soulever des charges avec un chariot. Ce sont deux usages différents. Nous devons donc optimiser nos réglages de contrôleur pour chaque usage.

Animatrice : Donc, pendant cette phase de prototype, vous accompagnez votre client, vous l’aidez sur l’optimisation, les paramètres, les tests ?

Philippe Durand : Oui, c’est notre mission. Nous allons sur site, en support, tout d’abord pour vérifier  l’installation correcte de nos composants décrite dans nos fiches techniques à lire donc de préférence…, mais surtout pour atteindre un comportement de la machine conforme aux souhaits du client

 

Animatrice : Est-ce que c’est de l’expertise métier ou de l’optimisation via un algorithme ? Ou bien est-ce que c’est « au feeling » ? comment procédez-vous ?

Philippe Durand : Les deux, en réalité. C’est tout un ensemble. Bien sûr nous travaillons avec des applicatifs dédiés, mais l’expérience en ingénierie est également nécessaire. C’est un atout majeur que nous pouvons offrir à nos clients, car grâce à notre expertise en hydraulique mobile, nous connaissons parfaitement les machines. Nous savons comment elles doivent fonctionner, comment elles doivent réagir ou être contrôlées.

Cette connaissance, nous pouvons la transposer directement dans le domaine de l’électrification des machines mobiles. C’est là qu’est notre valeur ajoutée.

Animatrice : Est-ce qu’il y a une connexion entre ces prototypes et Bosch Rexroth, pour collecter des données, pour les interpréter et les exploiter ?

Philippe Durand : Nous disposons de notre propre chaîne d’outils de mise en service basée sur le cloud. Grâce à cette chaîne d’outils, nous pouvons installer un appareil sur la machine, connecté au CAN, qui enregistre toutes les données CAN. Ces données CAN sont ensuite transmises via le cloud à un système d’analyse. Après cette analyse, nous pouvons examiner les mesures directement sur notre ordinateur portable et voir ce qui se passe sur la machine.

En cas de problème, nous pouvons compiler des cycles de charge et les analyser pour comprendre ce que le client souhaite faire avec sa machine. Cela nous permet d’optimiser le système en conséquence. Nous pouvons aussi diagnostiquer des pannes éventuelles.

Animatrice : Vous pouvez nous citer un exemple ?

Philippe Durand : Oui, j’ai un exemple d’analyse de défaillance. Nous avons eu un problème avec un client qui nous a envoyé des données de mesure et il disait que la machine ne fonctionnait plus. Nous avons examiné les données CAN et nous avons pu voir directement qu’il y avait un problème dans le timing CAN. C’était un problème du côté logiciel du client. Nous le lui avons donc signalé. Il a corrigé le bug et après 30 minutes, la machine fonctionnait à nouveau.

Animatrice : Que doit faire le client en ce qui concerne la mise en service ? Que fait Bosch Rexroth ?

Philippe Durand : Le client sollicite notre assistance pour la mise en service, et nous nous rendons sur site. Nous procédons à l’examen des installations électriques et mécaniques de nos composants. Nous abordons avec le client les divers usages qu’il souhaite expérimenter avec la machine. En fonction de ces usages, nous optimisons les paramètres de notre inverter et le comportement de notre système. L’ensemble est ensuite ajusté aux besoins du client.

Deux machines similaires mais chez deux clients différents peuvent conduire à des optimisations très différentes selon leur philosophie de machine calme ou plutôt agressive. Une étroite collaboration client-Rexroth est donc essentielle pour arriver au bon résultat.

Animatrice : Auparavant, Bosch Rexroth était connu comme fournisseur de composants et maintenant nous parlons d’un système complet : le système eLION. Quelle est l’idée derrière cela ?

Philippe Durand : L’idée derrière cela est que nous voulons bien sûr vendre nos composants, mais aussi notre savoir-faire système pour accompagner et avant tout satisfaire le client.

Animatrice : Donc, je peux toujours acheter un composant sur votre eSTORE ?

Philippe Durand : Si le client possède déjà le savoir-faire nécessaire, il peut simplement acheter nos composants. Nous l’assistons dans la conception du système, et ça s’arrête là. Il peut tout réaliser par lui-même. Mais avec les nouvelles technologies et l’électrification, certains risques apparaissent, parce que c’est plus complexe et le client doit prendre en compte davantage de paramètres, qui sont nouveaux. C’est là que nous intervenons pour l’aider à maîtriser ces nouvelles technologies.

C’est pourquoi nous souhaitons être un partenaire système et partager notre expertise et notre savoir-faire pour aider le client à construire une machine électrifiée.

Animatrice : Est-ce c’est aussi possible de commander la partie « mise en service » ? Par exemple : j’ai acheté un composant, j’ai intégré le composant à mon prototype et puis je me dis : « ah ! là j’ai peut-être besoin d’aide ». Est-ce qu’il est encore possible à ce moment-là de commander la prestation de mise en service ?

Philippe Durand : Oui, bien sûr, c’est toujours possible et même recommandé.

Animatrice : D’accord.

Philippe Durand : Le client peut d’abord procéder par lui-même.

Après ça, pour vérifier s’il a tout fait correctement, il peut commander notre prestation de mise en service. Nous venons tout vérifier : l’installation électrique, l’installation mécanique. Nous nous assurons que nos composants fonctionnent selon nos spécifications et qu’ils sont conformes à nos fiches techniques, nos manuels etc.

À la fin, nous rédigeons également une documentation complète pour cette mise en service, signée par notre service et par le client. Ainsi nous avons un rapport de mise en service entièrement documenté.

C’est un grand avantage pour le client, parce qu’il sait que tout est fait correctement, que tout est monté comme il faut, et qu’il utilise nos composants conformément à nos spécifications. La fiabilité de nos composants dans sa machine est alors garantie.

Animatrice : Pour résumer, qu’est-ce que vous et votre équipe avez appris lors des mises en service au cours des derniers mois ?

Philippe Durand : Beaucoup, vraiment. Nous avons beaucoup appris car chaque mise en service est différente. Nous avons une telle diversité de projets et d’applications.

Animatrice : Combien de projets ?

Philippe Durand : En ce moment, nous travaillons sur environ 60 à 70 projets. C’est beaucoup et nous avons plusieurs types d’applications : des tracteurs, des pelles, des dameuses, des chariots élévateurs, comme déjà évoqué. C’est un panel d’applications très variées et très différentes. Chaque application a ses usages spécifiques. Et à la fin, ça fait de nombreux cas d’utilisation.

Animatrice : D’accord

Philippe Durand : Et c’est pourquoi nous avons beaucoup appris et nous avons encore beaucoup à apprendre.

Animatrice : Qu’avez-vous appris ? Donnez-nous un exemple

Philippe Durand : Oui, un bon exemple : Il y a beaucoup de clients qui se lancent dans l’électrification des machines mobiles, et pour certains, le savoir-faire système et les prérequis pour l’électrification ne sont pas encore…

Animatrice : … établis dans l’entreprise

Philippe Durand : C’est cela, pas encore établi et ça peut poser problème. Nous travaillons sur l’électrification, avec un niveau de savoir-faire très élevé depuis quelque temps maintenant, et parfois nous ne pensons même plus à certains fondamentaux.

Animatrice : Ah…d’accord, d’accord

Philippe Durand : Pour nous, ces fondamentaux sont évidents, chez certains clients ils sont acquis, mais chez d’autres ils ne le sont pas. Voilà ce que nous avons appris.

Donc, nous devons fournir du support et interroger nos clients. Nous devons les aider à construire leurs machines électrifiées.

Animatrice : D’accord. Qu’en est-il des nouvelles technologies comme outil dans votre quotidien ? Nous parlons d’IA, d’apprentissage automatique et de jumeaux numériques. Comment la mise en service va-t-elle évoluer dans les prochaines années ?

Philippe Durand : Oui, comme déjà dit, nous avons notre chaîne d’outils de mise en service basée sur le cloud. Avec cette chaîne d’outils, nous avons un instrument extrêmement puissant et utile. Peut-être qu’à long terme, nous pourrons installer des algorithmes d’IA pour nous aider dans l’analyse des mesures, voire fournir l’analyse automatique de nos mesures. Cela nous permettra d’optimiser notre travail, d’être plus efficaces et au bout du compte gagner en rapidité.

Animatrice : D’accord. Et à propos de votre travail ? Quelles sont vos prochaines missions ? A quoi ressemble votre agenda pour les prochains mois ?

Philippe Durand : Nous avons beaucoup de projets. Pas mal de mises en service planifiées et nous espérons qu’il y en aura encore davantage car nous sommes en phase de montée en puissance avec eLION. Nous voulons électrifier autant que possible, c’est notre objectif.

Animatrice : Philippe, merci beaucoup, à bientôt !

Philippe Durand : Merci à vous, au revoir.

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