Découvrez notre podcast dédié à la robotique collaborative, et plus généralement la collaboration homme/machine dans l’Usine du Futur. En compagnie de Franck Papon, expert des solutions collaboratives chez Bosch Rexroth France, découvrez comment les « cobots » sont en train de révolutionner le secteur de la robotique. Alors que les robots industriels viennent peu à peu remplacer les humains sur certains postes dans les usines, les cobots ont été pensés pour interagir et coexister avec l’homme. Par exemple, les robots collaboratifs APAS permettent de réduire la pénibilité du travail et d’améliorer la productivité. 

Journaliste : « Bonjour ! Bienvenue dans ce podcast consacré à la robotique collaborative, et plus généralement à la collaboration homme/machine dans l’Usine du Futur.
J’ai le plaisir d’accueillir aujourd’hui Franck Papon, expert des solutions collaboratives chez Bosch Rexroth France, qui a accepté de répondre à mes questions.

Franck, c’est vraiment à ce terme de collaboration que je m’intéresse car j’ai le sentiment qu’il reflète un changement de perspective qui mérite d’être mis en lumière.
Lorsque j’entends « collaboratif » dans « robot collaboratif », ou « collaboration » dans « collaboration homme/machine », je sens bien qu’il y a de l’humain. Que les êtres humains reprennent de l’importance, reprennent leur place, dans l’acte de fabriquer.

Avait-on oublié l’importance de l’humain dans les processus industriels ? »

Franck Papon,  expert des solutions collaboratives chez Bosch Rexroth France : « J’espère bien que non ! En tous cas, ce n’est pas ce que je ressens dans mes échanges avec les industriels, ni ce que je vis dans les usines. Je ne crois pas qu’un seul responsable de production pourrait imaginer tenir ses objectifs de rendement, de qualité, d’efficience… sans l’apport de ses équipes.

Mais l’industrie a tellement parlé d’automatisation qu’elle s’est peut-être un peu deshumanisée aux yeux du public extérieur. Et cela a sans doute eu un impact sur l’attractivité de nos métiers auprès des jeunes.
Je suis ravi si le simple fait de parler de solutions collaboratives contribue à changer l’image de l’industrie ! C’est un très bon point.

Je crois que ce que nous vivons, nous tous acteurs du monde industriel, avec les applications collaboratives, c’est l’ouverture d’un nouveau champ des possibles. La technologie nous offre plus de liberté dans la manière de faire « cohabiter » les personnes et les machines.

Cette liberté a un vrai pouvoir de transformation, d’où le titre de ce podcast : quand la robotique collaborative transforme l’industrie »

Journaliste : « Le terme « robotique collaborative » est peut-être un peu réducteur. Qu’est-ce que la collaboration dans l’Usine du Futur, et pourquoi est-elle essentielle ? »

Franck Papon : « Il est important de dire que la robotique collaborative ne se limite pas aux bras robotisés que l’on voit sur tous les salons. Même si ce sont eux qui tirent le développement des applications collaboratives.

On le comprend bien si on définit un robot comme un système mécatronique programmé pour exécuter une action, et la collaboration comme une interaction directe entre l’homme et la machine. Avec cette vision, les AGV et les systèmes d’assistance télévisuelle au poste de travail entrent aussi dans le champ de la robotique collaborative.

Pourquoi a-t-on besoin de bras robotisés et de véhicules automatisés qui fonctionnent en mode collaboratif ? Pour apporter de la flexibilité dans l’usine. Le mode collaboratif permet à un opérateur et à un robot de partager un espace de travail pour effectuer soit des tâches distinctes, soit une tâche commune. Il évite de devoir « verrouiller » un espace pour des raisons de sécurité. Nous avons tous en tête ces énormes cages dans lesquelles sont enfermées des robots et dans lesquelles on ne peut pénétrer qu’en arrêtant la machine. C’est extrêmement contraignant, rigide et coûteux, tant en espace qu’en équipements de sécurité…et en productivité aussi.

L’autre raison essentielle qui pousse le développement des applications collaboratives est le besoin d’assistance. Il y a encore dans l’industrie, sur des lignes d’assemblage par exemple, beaucoup d’opérations où la dextérité humaine est indispensable. Les robots collaboratifs nous offrent la possibilité de rendre ces opérations moins fatigantes, en soulevant les charges, en effectuant les gestes les moins ergonomiques…

Flexibilité. Sécurité. Assistance. Ce sont pour moi les 3 principales raisons d’être de la robotique collaborative. »

Journaliste : « Trois mots qui s’appliquent bien à la gamme APAS de Bosch Rexroth, n’est-ce pas ? »

Franck Papon : « Oui, en effet. Nous parlons d’ailleurs d’assistants mobiles APAS pour cette gamme de bras polyarticulés.

Flexibilité parce que nous avons travaillé à ce que le robot puisse, comme un opérateur ou avec lui, occuper plusieurs postes dans la même journée en fonction des besoins. Nos assistants APAS sont montés sur une plateforme équipée de roulettes escamotables, et raccordés au réseau par une simple prise. Ils utilisent une caméra intégrée pour se repérer dans l’espace. Inutile de les positionner au millimètre, ils recalculent automatiquement leurs trajectoires en fonction de l’endroit où ils se trouvent. Là, il y a un vrai gain de temps qui justifie le qualificatif « mobile ».

Sécurité, en premier lieu et avant tout ! Les assistants mobiles APAS sont équipés d’une peau bardée de capteurs capacitifs qui détectent l’entrée de l’opérateur dans la zone de travail et son déplacement. Un peu comme les chauve-souris avec l’écholocation. Grâce à cette technologie, les assistants APAS s’arrêtent AVANT d’entrer en contact avec l’opérateur et sans se mettre en défaut. Ce qui veut dire qu’ils redémarrent seuls dès que l’opérateur s’est suffisamment éloigné. Je ne connais aucun robot collaboratif qui fasse cela.

La notion d’assistance découle finalement des 2 autres. Dès lors que j’ai un outil dans lequel j’ai une totale confiance, que je peux déplacer avec moi, je peux imaginer mille et une façons de l’utiliser pour me simplifier la vie. Et je vais être parfaitement autonome pour le faire puisque je vais pouvoir apprendre une nouvelle tâche à mon assistant APAS même si je n’ai aucune compétence en programmation.

L’association Flexibilité – Sécurité – Assistance fonctionne aussi très bien pour décrire l’Active Shuttle, notre AGV intelligent, qui est conçu pour éviter tout port de charges aux opérateurs, gère ses déplacements avec une priorité absolue à la sécurité des hommes et adapte automatiquement ses trajets si l’environnement physique de l’atelier évolue. »

Journaliste : « Est-ce que vous pouvez nous donner des exemples concrets d’utilisation de l’assistant APAS ? »

Franck Papon : « Bien sûr ! L’usine Bosch de Mondeville, en Normandie, utilise les assistants APAS pour faire du déchargement/chargement de pièces sur une ligne d’assemblage, avec un temps de cycle de 5 secondes, mais aussi pour faire du contrôle de cartes éléctroniques. Dans ce dernier cas, l’APAS vérifie que tous les condensateurs sont bien présents et correctement polarisés.

Je pense aussi à la société Isak, en Allemagne, qui fabrique des buses en plastique assemblées manuellement. L’APAS prend en charge l’activation d’une presse manuelle. Un geste fatiguant que les opérateurs effectuaient avant jusqu’à 8 000 fois par jour ! L’originalité de cette application est que le poste de travail a été conçu avec une table à hauteur réglable, à laquelle l’APAS s’adapte automatiquement. Cela permet de travailler indifféremment assis ou debout. Du coup, le poste peut être ouvert à des personnes en situation de handicap, ou tout simplement à des personnes qui fatiguent vite en station debout. l’APAS devient un outil d’inclusion dans l’entreprise. »

Journaliste : « J’aime beaucoup cette idée d’inclusion. D’autant que j’ai lu dans la presse que les entreprises inclusives sont plus performantes et plus innovantes. Et cela se traduirait même par des résultats supérieurs en Bourse. Est-ce que là que réside ce pouvoir de transformation des applications collaboratives que nous évoquions en introduction ? »

Franck Papon : « L’inclusion est une très belle illustration de la manière dont le mode collaboratif permet de lever des barrières et d’être beaucoup plus créatifs dans l’organisation des process de production.

L’inclusion au sens large (hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, diplômés et non-diplômés, valides ou non) et l’ergonomie sont des sujets essentiels pour l’industrie, qui peine à recruter. Et je suis moi aussi convaincu que la diversité est une richesse pour l’entreprise.

Mais le pouvoir de transformation du collaboratif va au delà de l’inclusion. Penser collaboratif, c’est pouvoir remettre l’Homme au coeur de l’environnement machine en toute sécurité. C’est pouvoir associer le meilleur des deux mondes (le monde de la production manuelle et le monde du tout automatisé) avec des outils qui ne sont pas excluants. C’est aussi éviter le travail de nuit… Pour moi, le collaboratif c’est la liberté, et la liberté, c’est l’innovation. »

Journaliste : « Merci Franck pour cet éclairage inspirant et ces exemples concrets.
J’ai le sentiment d’avoir fait un voyage dans le futur, et pourtant je pense que tout ce que vous nous avez décrit est déjà la réalité dans certaines usines.
En tous cas je retiens toutes les possibilités qui s’ouvrent dès lors que l’on pense collaboration entre l’homme et les robots.

Chers auditeurs, ce podcast touche à sa fin. Si vous souhaitez en savoir plus sur l’assistant de production APAS et les autres solutions collaboratives de Bosch Rexroth, n’hésitez pas à contacter nos experts.

Je vous donne rendez-vous très vite pour découvrir ensemble un nouveau sujet. »

 

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