Stephan Beyer, président de BigRep GmbH, leader de l’impression 3D grand format, nous parle des dernières avancées de la fabrication additive dans l’industrie.

La fabrication additive et l’impression 3D suscitent beaucoup d’intérêt. Quels avantages concrets peuvent-elles offrir en production ?

Elle sont déjà intégrées dans les processus de nombreux fabricants, pour le prototypage rapide, la rétro-conception ou la production de pièces détachées. Mais ce n’est qu’un avant-goût du potentiel de la fabrication additive, qui est en train de révolutionner le secteur de la production.

C’est l’une des ruptures technologiques les plus fascinantes du XXIe siècle. En 2025, les entreprises pourront vraiment faire de la « mass customization » et de la consolidation de pièces, livrer des pièces détachées plus rapidement avec moins de stock et en limitant les pertes de matériaux.

Et sur le plan économique, quels seront leurs principaux avantages ?

C’est en redéfinissant la supply chain que l’impression3D va générer des bénéfices économiques évidents.Pour les fabricants, elle est synonyme de réduction des investissements, de levée des barrières à l’entrée sur certains marchés, de mise sur le marché plus rapide, mais aussi d’augmentation de la performance et de la valeur des pièces.

Vous venez de présenter une imprimante qui va devenir la nouvelle référence dans le secteur. En quoi est-elle si particulière ?

À travers notre partenariat de développement avec Bosch Rexroth nous ouvrons la voie à une nouvelle dimension de la fabrication additive. Notre nouvelle imprimante 3D Big Rep PRO la place

au rang des technologies de production industrielle grâce à une CN et des entraînements Rexroth de pointe. Désormais, l’imprimante 3D est intégrée à un processus digital continu qui s’étend sur toute la chaîne de valeur. Cette nouvelle machine,combinée avec de nouveaux matériaux particulièrement performants, fera de l’impression 3D l’une des forces motrices de l’Usine du futur.

L’Usine du futur ne se résume pas aux technologies de production. Quelle évolution envisagez-vous pour la fabrication additive dans cette transformation globale ?

Faudra t-il collaborer plus largement avec les fabricants de composants, les développeurs de logiciels, les organismes de normalisation, et d’autres ?

Absolument. La collaboration est indispensable pour favoriser l’innovation technologique. Un secteur innovant se caractérise généralement par différents signes : l’échange et le transfert de savoir-faire, une grande réactivité, un degré élevé de personnalisation de l’innovation, et l’interdisciplinarité. La fabrication additive réunit tous ces paramètres.

Elle va devenir un puissant moteur de collaboration dans tous les secteurs.Travailler avec des entreprises qui proposent différents types de compétences est crucial. C’est pourquoi nous avons rejoint le réseau DMRC (Direct Manufacturing Research Center) de l’Université de Paderborn, où de grandes entreprises du monde entier travaillent ensemble pour redéfinir l’impression 3D et la fabrication additive.

La pluridisciplinarité est aussi de mise dans les équipes BigRep, où des ingénieurs, des développeurs logiciels,des designers industriels, des ingénieurs électriciens et des experts des matériaux travaillent ensemble.

Pouvez-vous nous donner un exemple d’application pour illustrer l’évolution de l’Usine du futur ?

La fabrication de pièces détachées est un exemple typique. Grâce à l’impression 3D, une compagnie aérienne ou un opérateur ferroviaire pourra rapidement produire 10 à 15 % des pièces détachées dont il a besoin, rapidement et à moindre coût.

Aujourd’hui, par exemple, un constructeur automobile utilise déjà nos imprimantes pour fabriquer les appuie-tête d’anciens modèles de voitures dont la production n’est plus suivie.

BigRep construit les plus grandes imprimantes 3D au monde. Hormis le fait de pouvoir fabriquer des produits plus volumineux, leur taille offre-t-elle d’autres avantages ?

Oui, il existe d’autres avantages. Le plus important d’entre eux étant que seules les imprimantes 3D grand format peuvent répondre aux exigences industrielles. Une imprimante grand format est plus flexible car elle peut travailler à plus haute température et permet ainsi d’utiliser une plus large palette de filaments.

Elle est plus fiable, plus rapide, plus précise et offre une meilleure répétabilité de l’impression, grâce aux nouveaux systèmes de contrôle de l’extrudeuse. Tous ces facteurs en font une solution plus rentable que des imprimantes plus petites.

Vous comptez parmi vos clients de grands constructeurs automobiles et sociétés d’ingénierie. Pensez-vous que d’autres marchés pourraient être intéressés par les imprimantes 3D BigRep ?

Tous les secteurs qui font appel au prototypage rapide et à la construction de pièces détachées ou de petits composants se tourneront vers l’impression 3D. C’est notamment le cas de la science et de la recherche, et de l’ingénierie médicale (prothèses), entre autres.

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